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mardi 4 septembre 2012

Brève de dédicaces...8

Alors que je me trouvais à Pérouges en compagnie de mon pote A. Broccard, auteur lui-aussi (le cycle d'érèbe), nous fûmes abordés par celui qui devait rester dans ma mémoire sous le nom de "Joe le manouche". Longue queue de cheval, chemise à dragons bleu électrique généreusement ouverte sur torse bronzé, pendentif de madonne entre les pectoraux, boucle de ceinture flashy et j'en passe (oui, sinon je vomis)...
Il vint vers nous d'une démarche assurée et nous apostropha en ces termes : "C'est quoi, vos bouquins ?"
Mon ami entreprit de lui répondre : "Et bien c'est l'histoire d'un flic qui..."
Mais l'autre l'interrompit aussitôt d'un geste péremptoire : "Ah, non, moi les flics, c'est pas possible. Et le tien ?", me dit-il.
J'expliquai. Lui, perplexe, me sortit : "Moi, je sais qu'un livre va me plaire rien qu'en l'ouvrant et en choisissant un mot au hasard.", ce qu'il fit en "direct live" sous nos yeux incrédules. Le choix du destin ne dut pas lui convenir, car il réitéra la manoeuvre, sans paraître plus convaincu. "Combien tu le vends ?", me demanda-t-il avec une moue qui trahissait la douleur que l'acte de payer éveillait en lui.
"C'est 15 euros", dis-je (c'était mon recueil de nouvelles de S.-F.), ce qui valut à mon livre un retour express sur la table.
Là, ce personnage coloré se planta devant nous et, avec l'aplomb inébranlable des esprits limités, nous lança ce trait sans appel : "Voyez, les gars, je pense que ça va vous porter chance de m'avoir rencontré !", ce sur quoi j'explosai enfin de rire, me levai et lui envoyai une grande tape dans le dos, répondant sur le même mode : "Et bien, tu vois, c'est tout le mal que je nous souhaite !"
Et il s'en fut, superbe et généreux (ou pas !), visiblement satisfait de cet échange digne de la quatrième dimension...

dimanche 12 août 2012

Vieux motard que jamais !

Voici enfin une photo qu'il me tenait à coeur de publier sur cette page. Lors des Rencontres autour du Livre organisées en juin par l'Académie de Mâcon, j'ai eu le plaisir de faire la connaissance d'Alain Bombrun, un très sympathique collègue d'écriture (son livre est au premier plan), grâce à l'amabilité duquel je peux vous produire cette image. Pourquoi un tel délai ? Facéties d'ordinateur ! Pour une obscure raison, cette image refusait de s'afficher sur le blog : Alain m'a donc renvoyé la même, et... ça marche. Allez comprendre...
En tout cas, un excellent souvenir : c'est aussi pour ces moments privilégiés que l'aventure du livre vaut d'être vécue.


jeudi 9 août 2012

Un poème moins noir que la nuit ?^^

L'un de mes amis et fervent visiteur de ce blog (ce dont je te remercie vivement, David^^) s'est trouvé un peu attristé par le poème noir que j'ai publié la dernière fois dans ces pages (soit dit en passant, j'en suis enchanté car, qu'on l'aime ou non, il touche le lecteur, ce qui est selon Charles Baudelaire dans les Curiosités esthétiques à la fois la raison d'être et le signe distinctif d'une oeuvre d'art. Double merci, donc^^). Ainsi que je l'avais promis, en voici un plus léger, "moins noir que la nuit" (petit clin d'oeil en passant aux aventures de Soren), le dernier que j'ai composé (en 2006 il me semble).

J’avais vécu aveugle sans même le savoir
« Lumière » n’était qu’un mot, tout comme l’était « noirceur » :
Sans l’or de ton visage, comment aurais-je pu voir ?
Tu es l’astre du jour qui fait chanter les heures.

Tes yeux sont deux caresses, océans de douceur
Dans lesquels me plonger est un supplice divin :
Quand j’y baigne tout entier, intense est mon bonheur,
Ma déchirure profonde, lorsque je n’y suis point.

Mon âme est chavirée par l’ourlet de tes lèvres,
Roseaux agiles et souples, promesses sensuelles
Qui dansent devant ta voix lorsque celle-ci s’élève
Et de son chant gracile éclipse le soleil.

Périclès et Phidias, au fond de leur tombeau
Se retournent souvent lorsque tu te dénudes :
Ces statues si parfaites qu’ils tenaient pour « le beau »
A ta beauté finale n’étaient donc qu’un prélude !

Pour tout vous dire, je l'ai écrit pour celle qui est devenue mon épouse, raison pour laquelle ce poème a été le dernier : en ce qui me concerne, quand le coeur est comblé, la muse est au repos :)

mardi 31 juillet 2012

A quoi ça rime ?

Je me risque à vous livrer un texte inhabituel. En furetant dans mes vieux dossiers, je suis tombé sur des poèmes noirs que j'ai écrits en 2004 après une série de désillusions diverses. Ils traitent tous plus ou moins du désamour et de l'hypocrisie. Certains sont trop noirs pour être cités dans ces pages : vous noterez donc que celui-ci fait partie des plus guillerets, ce qui peut n'être pas évident au premier regard^^.

LES HYENES


Jadis porté aux nues, ils saliront mon nom,
Evoqueront des défauts que je n'ai jamais eus,
Raconteront des faits qu'aucun d'eux n'aura vu :
M'ont-ils un jour aimé ? Ils vous diront que non.

Que reste-t-il des rires lorsque les masques tombent ?
Tous ces "merci" fugaces, ces molles accolades :
Des élans affectés sur une mascarade !
C'est avec des sourires qu'ils ont creusé ma tombe.

La rigole de l'oubli charrie des eaux turpides,
Mon souvenir fané vient en gonfler l'écume ;
Ces bonheurs partagés et ces joies que nous eûmes
Sont des boyaux fumants sur une bile morbide !

Telle une hyène tapie dans un trou insondable
Son esprit se claquemure tout au fond de son corps :
Dans l'étreinte glacée de ces bras que j'ignore,
Je me prends à rêver d'un amour véritable...


lundi 19 mars 2012

C'était une bonne idée...

Il est certain que participer à la neuvième édition du salon du livre de Villefranche-sur-Saône était une sacrément bonne idée, puisque, outre le plaisir de rencontrer des gens fantastiques (que ce soit parmi les visiteurs ou les organisateurs), j'ai eu la joie de recevoir (pour Une ombre plus noire que la nuit) le prix du roman 2012 de la Vague des Livres en Beaujolais.
Oui, décidément, c'était une bonne idée...



dimanche 20 novembre 2011

Entre plaisir et travail...

Oui, écrire est un plaisir, certes ! Mais il faut se garder de croire que cela n'exige pas du travail, surtout lorsque l'on occupe d'autres fonctions à plein temps, lesquelles, comme leur nom l'indique, ne vous en laissent guère... Par conséquent, il faut les prendre sur autre chose, ces périodes d'écriture, sur les instants de détente auxquels tous les travailleurs ont droit, à l'exception de ceux qui ont choisi la dure voie de l'écriture...
Afin de joindre l'utile à l'agréable, j'ai pour habitude de sortir de chez moi pour écrire : la plupart du temps, je vais dans l'arrière-salle d'un café qui passe une musique compatible avec celle de la littérature (pas de "boum-boums" outranciers, en d'autres termes), ce qui me donne l'impression d'être dans une phase de détente, un contexte ludique, en somme.
En fait, le plus ingrat dans l'écriture, c'est (pour moi en tout cas) cette incertitude dans laquelle nous sommes tenus d'officier : qui lira ces lignes ? Se frayeront-elles un jour un chemin jusqu'aux yeux d'un éditeur enthousiaste ? Enfin, bon, je ne la joue pas "Cosette", non plus : je pense qu'il est peu d'activités aussi totales, aussi prenantes que le métier d'écrivain et, malgré les lignes qui précèdent, je n'ai d'autre souhait que de m'y investir corps et âme.

dimanche 26 juin 2011

Puisque ça vous intéresse...

Plusieurs lecteurs m'ont fait part de leur désir d'en savoir plus sur mon histoire. Voici donc ma biographie officielle et autorisée^^
Je suis né sur le territoire de Belfort le jour du débarquement en Normandie, mais en 1972 (le 06 juin, quoi). Je ne garde toutefois aucun souvenir de la ville où Bartholdi sculpta son célèbre lion, puisque mes parents ont déménagé lorsque j'avais six mois, afin de gagner les Vosges. Ce fut donc au coeur des forêts de sapins que j'eus la chance de passer les six premières années de mon existence. Dès cette période, j’ai ressenti un fort engouement pour le passé et plus particulièrement pour le Moyen-Age et les retentissants exploits des chevaliers, ce qui m’amena à décider d’une carrière d’archéologue dès mes vertes années.
Contrairement à beaucoup d’autres adolescents, j’échappai au phénomène de bandes et aux deux-roues : c’est dans les livres que je trouvai l’aventure. Lecteur éclectique, je fréquentai assidûment les écrits de J.R.R. Tolkien, d’Homère, de Victor Hugo. Parallèlement et pendant 17 années, je pratiquai les jeux de rôles, le plus souvent en tant que Maître du Jeu et, donc, créateur d’histoires. A cela, il faut ajouter la pratique de divers arts martiaux ainsi que deux années d’escrime médiévale : comme vous ne manquerez pas de vous en rendre compte à la lecture de mes livres, ces éléments de mon passé influent assez nettement sur mon écriture actuelle.
Fidèle à mon idéal de jeunesse, je suivis à Lyon le cursus d’Histoire de l’Art et Archéologie jusqu’à son terme, pour finalement constater que la réalité de l’archéologie ne correspondait pas à ce que j’espérais, : en fait, chaque pas effectué en direction de la véracité scientifique m'éloignait un peu plus de mes véritables centres d'intérêt. Ajoutez à cela les reproches constants à propos de mon style, jugé "trop littéraire" (j'ai du mal à saisir ce que cela peut bien vouloir dire, mais passons) et vous comprendrez mieux que j'ai décidé de m’engager résolument dans l’écriture.
En 2005 fut publié L’Autre et le Néant, aux éditions de la Société des Ecrivains,  un recueil de nouvelles de Science-Fiction (Philip K. Dick est l’un de mes « Pères fondateurs », si je puis dire, aux côtés de Terry Pratchett et J.R.R. Tolkien).
A partir de 2006, j’ai formé le désir de revenir à mes premières amours (à savoir le médiéval-fantastique) et ai commencé le travail sur la saga de Soren Dajymo, dont Une ombre plus noire que la nuit est le premier volume.
Aujourd’hui, je travaille en Saône et Loire, en tant qu’animateur pédagogique dans un musée, consacrant l'intégralité de mes loisirs à la pousuite de ma saga.