samedi 27 juin 2020

Le pote aux roses...

Une pensée m'a traversé l'esprit ce matin : la phrase "voir la vie en rose" a pour implication directe que le mot rose ne l'est pas... troublant, non ?

jeudi 18 juin 2020

L'enfer du devoir...

Durant le confinement, replonger dans les devoirs à bras le corps m'a fait un peu l'impression d'avoir été rappelé au Vietnam, mais sans les moustiques et le taux d'humidité étouffant. Du coup, le nez dans les cahiers, voilà que des questions étranges ont frappé mon occiput (un début de paludisme, sans doute !).
Pourquoi donner deux "l" aux grenouilles et en priver les oiseaux ? Ou les avions ? Est-ce par cruauté que l'éléphant en a reçu une (de lettre "l") là où il en aurait fallu au moins quatre, et des majuscules ?!
Dans un registre plus adulte, pourquoi mettre un "q" dans "ascétique" et aucun dans "libido" ? 
Philosophique, à présent : est-ce par souci d'équilibre qu'on trouve "m" dans "maudire" et "a-i" dans "aimer" ? 
Surréaliste enfin : le stylo-plume et l'oiseau lyre sont-ils les cygnes d'une écriture de haut vol ?
Bref, il est temps d'avertir John Rambo (ou Raimbaud, pour l'occasion ?) que j'attends dans la drop-zone...

mercredi 17 juin 2020

Papy fait de la résistance...

         Il y a quelques jours, je me suis arrêté pour faire le plein dans une station essence proche de Mâcon. A peine sorti de voiture, je vois un vieux monsieur en salopette bleue sortir de la travée voisine, qui m'apostrophe ainsi : "Bonjourrrr !", me dit-il avec un roulement de "r" caractéristique de la Bresse Louhanaise, "C'est la prrremière fois qu'j'utilise ma carrrte bancairrre et je suis tout perrrdu : vous pouvez m'aider ?"
         J'acquiesce et passe de son côté, introduisant ladite carte dans le bon orifice (c'est un bon début) puis sélectionnant les options. Il me regarde sans comprendre lorsque je tourne le dos : "Vous devez entrer votre code.", explique-je. Parvenu à la sélection du carburant, je lui dis : "Quel carburant vous mettez dans votre voiture ?"
          Là, il me regarde et, les deux pieds dans les années 80, il me lance : "Du superrrr !"
          Je glousse malgré moi et ajoute : "Ah oui, ça fait longtemps que vous n'êtes pas venu, en effet !"
           Visiblement, le XXIème siècle n'a eu que bien peu de prise sur ce monsieur...

dimanche 7 juin 2020

Les vaisseaux au régime...

J'étais aujourd'hui en visite au Village du Livre de Cuisery, manifestation fort sympathique à laquelle j'aime me rendre pour adopter quelques volumes à des tarifs défiant toute concurrence. J'ai éclaté de rire en regardant le résumé d'un livre de SF des années 70, car il y était fait mention de "vaisseaux végans". Si ! Je suppose qu'à l'époque, c'était seulement une référence à Véga, l'étoile de la constellation de la Lyre, mais, étant donné la connotation actuelle de ce terme, je me suis pris à imaginer des aéronefs ingurgitant navets et poireaux, ou ne fonctionnant qu'avec des bio-carburants... à moins qu'ils ne soient réservés qu'aux "grosses légumes", comme on disait autrefois (les VIP d'aujourd'hui)  ?

lundi 4 mai 2020

De l'huile de coude...

Très récemment, j'ai vu que des gens, répondant aux besoins nouveaux engendrés par le Covid-19, avaient inventé des dispositifs pour ouvrir les portes avec les coudes, baptisés "poignées de coude"... 
C'est sûrement très utile mais, d'un point de vue étymologique, c'est une catastrophe. Si ! Car poignée vient du mot "poing" (qu'on retrouve dans "pogne"), alors du coup, "poignée de coude", c'est comme... "pédale à main", voyez (qui se dit "manivelle", en français, oui), ou "brassard de jambe", à savoir une aberration totale.
Certes, "coudée" est déjà pris (encore que cette mesure antique ne soit plus guère employée de nos jours), tout comme "coudière"... mais pourquoi pas "coudiée" ? Ou "cougnée", pour indiquer la fonction par rappel phonétique de "poignée", justement ?
Enfin bon, moi je dis ça,  c'est juste pour que notre langue garde un sens (cf l'article récent sur les "Drive piétons"...)

mardi 28 avril 2020

Des magiciens...

Nous sommes des magiciens... si ! Avec les mots, par exemple ! Figurez-vous que, il y a quelques secondes et par le pouvoir de la lettre "s", je viens de transformer "singulier" en pluriel... 😆

Sinon, nous avons aussi révolutionné la perception du masque. Si ! Avant, quelqu'un qui débarquait masqué dans un lieu public était vu comme un criminel : aujourd'hui, c'est l'inverse ! 😅

Des magiciens, je vous dis !

samedi 25 avril 2020

Une grande décision...

Comme je vous tiens au courant de tout, voici la grande décision que j'ai prise : je vais simplifier mon style d'écriture. Si. Conscient d'écrire comme au XIXème siècle alors que je m'adresse à un public du XXIème, je me suis résolu à m'adapter. Oh, rassurez-vous : ce sera toujours du "José Raymond", mais allégé, épuré (oh purée !) pour mieux dire. Sur quelles bases ? Et bien, après avoir questionné certains lecteurs, j'ai retenu les points suivants : le subjonctif imparfait est une gêne pour certains ; les phrases trop longues sont parfois dures à suivre ; la fréquence des adjectifs ne sert pas l'efficacité du récit. 
Le premier roman concerné sera "En lisière du mal", que je suis en train de finaliser : je joins un extrait ci-dessous^^
Mais que les amoureux du langage fleuri soient sans crainte : cette version "light" sera réservée aux écrits contemporains, le style "riche" sera désormais l'apanage des écrits relevant du médiéval-fantastique.

ça donne ça :

"Lorsque Lucie reprit ses esprits, elle n’osa ouvrir les yeux. Tant qu’ils demeuraient clos, il lui restait un espoir que toute cette histoire puisse n’être qu’un mauvais rêve. C’était puéril et un peu stupide, elle le savait. Elle ne pourrait se cacher éternellement derrière ses paupières, à la façon des autruches qui plongent leur tête dans un trou.
Lorsqu’elle en eut trouvé la force, elle laissa de nouveau le réel entrer. Malheureusement, il n’avait pas changé d’un pouce : elle se trouvait toujours dans la mystérieuse pièce aveugle cachée dans les entrailles de l’hospice de Mâcon. Yvain était là, les yeux fixés sur elle.
« Vous vous êtes évanouie. », lui dit-il devant l’air déboussolé qu’affichait la jeune femme.
Elle soupira : « Bon, et que faisons-nous maintenant ? Je suppose que nous ne pouvons pas attendre ici que le problème se règle tout seul ? », glissa-t-elle avec un pâle sourire.