samedi 26 février 2022

France/Ecorche...

 Ce titre énigmatique pour me faire l'écho du superbe France/Ecosse en rugby de cet après-midi. Et surtout de quelques perles radiophoniques, offertes par les commentateurs. Alors oui, garder le direct tout en vivant la passion pendant des heures, ça demande de la concentration et du métier ; oui, ces gens sont très sympathiques et participent grandement à nous faire vibrer durant les parties. Mais bon, voici 3 belles perles. J'ai commencé à tressaillir avec l'évocation d'un "surnombre numérique", lequel est au pléonasme ce que les supporters qui s'étripent dans les stades sont à la connerie : un absolu. 

L'expression "temporaire pour l'instant" qui est venue un peu plus tard était assez fraîche, elle-aussi, suivie d'un "Ils se dépêchent vite" qui est bien venu terminer l'ensemble.

Mais bon, c'était un super match. Merci messieurs.

samedi 5 février 2022

Alchimie des mots...

 Le langage est un outil formidable, une inlassable pierre philosophale avec laquelle transcender les barrières du temps et de l'esprit... Jouons ensemble : imaginez-vous à Rome, sous Tibère ou Néron.

Sur le point d'entrer dans l'arène, vous hésitez entre la hache et l'épée ? Prenez la hache, dans ce cas, car elle en contient deux...

Invité à des festivités, vous hésitez, pour vous vêtir, entre toge et tunique ? Alors ce sera la seconde, car la toge est unique...

Oui, je suis d'accord : à l'instar d'un lézard décapité, ce message n'a ni queue ni tête... j'espère cependant qu'il vous aura fait sourire 😋

mardi 1 février 2022

Angles morts : témoignages... la bonne surprise du soir !

 Alors que je faisais une rapide visite sur Amazon, j'ai eu la bonne surprise de voir que mon recueil de faits inexpliqués mais bien réels s'est classé 7ème dans le top 100 "Atlantide, pyramides et grandes énigmes" et 84ème dans "paranormal et parapsychologie" :) Voilà qui fait plaisir ! ça ne durera pas, mais bon... je vous mets le lien, au cas où... intéressés ?




samedi 29 janvier 2022

Etymologie (presque) parfaite n°3

 Je viens de me rendre compte que j'avais (lâchement) abandonné cette rubrique. Réparons cette injustice.

TAMBOURIN : 1 ) se dit lorsqu'une tempête fait rage ("Ouh, quel temps bourrin !") ; 2) premier d'une série de bagages qu'on remplit à ras la gueule, avant de passer au suivant (généralement suivi de : "tambourinotre")

CANIF : 1) petit couteau dépliant, à ne pas confondre avec l'anglais "Knife" (qui commence par un "k" suivi de "nife", certes... et qui veut aussi dire "couteau", oui, oui... bon ce n'est peut-être pas si grave de les confondre, finalement) ; 2 ) petit chien de compagnie, surtout lorsque l'on a un souci d'élocution. 

Voilà, voilà :) 

vendredi 14 janvier 2022

Extrait des "fenêtres ouvertes"

 Ces derniers temps m'est venue l'envie, non d'enfoncer des portes ouvertes, mais d'ouvrir des fenêtres. Par le biais des mots, s'entend. Peut-être sous la forme d'un dictionnaire, je ne sais pas trop encore. Je vous ai choisi un extrait et, assez logiquement, il s'agit du verbe "écrire". Et bonne année, au fait :)

ECRIRE :

Stricto sensu, écrire, c’est tracer des signes qui ont un sens. Et en même temps, c’est tellement plus que cela. Quand j’ai commencé mon chemin d’ « arpenteur de clavier », je disais que j’étais « apprenti écrivain ». Ma belle-mère de l’époque m’avait dit : « Pourquoi apprenti ? Tu écris, tu es écrivain. ». Je lui avais répondu « Alors quand tu fais ta liste de courses, tu as la sensation de faire œuvre d’écrivain ? ». Non, écrire, au sens de produire une œuvre littéraire, cela suppose tout de même quelque chose en plus, un soupçon de valeur ajoutée, un peu de talent si dieu le veut, pas mal de travail dans tous les cas.

Ecrire, c’est saigner de l’encre, c’est laisser sa vie s’écouler sur la neige éclatante de la feuille blanche jusqu’à l’éblouissement, c’est se dénuder l’âme. C’est un dialogue à une voix avec une infinité d’esprits inconnus. En réalité, écrire, c’est jeter une bouteille à la mer, c’est envoyer un message qui, peut-être, sera lu un jour par un parfait étranger. Que verra-t-il ? Que pensera-t-il ? Ce n’est plus du ressort de l’écrivain : une fois lancés, la bouteille et son contenu ne lui appartiennent plus.

Lors de mon tout premier salon littéraire à Pérouges (en 2005), j’avais fait cette expérience vertigineuse du transfert : une dame avait pris mon livre en mains et s’était mise à le lire devant moi. En dehors de l’impression de jugement qui découle de cet examen en direct, j’avais réalisé que mes mots n’étaient plus miens, justement, que les images qu’elle visualisait à partir d’eux n’appartenaient qu’à elle. Nécessairement, elles différaient des miennes : mes mots suscitaient un monde nouveau, inconnu de moi, déclinable à l’infini au gré des individus.

Ecrire, c’est offrir un vaisseau à des esprits en quête d’univers uniques…

Si ce n’est pas de la magie, ça, je ne sais pas ce que c’est ! Vertigineux…

mardi 21 décembre 2021

Une pensée pour les poissons...

 Oui, en cette période de festivités, j'aimerais que nous ayons une pensée pour ces handicapés de la vie sociale que sont les poissons... en effet, si par miracle ils se trouvent invités en société, ils sont dramatiquement dépourvus des attributs nécessaires pour s'y rendre. 

Je passe sur le manque d'équipements amphibies sur les transports en commun : évitons les évidences. Mais, une fois à l'adresse dite, imaginez le calvaire de ces pauvres créatures, dépourvues de tout organe leur permettant de frapper ou de sonner, contraints à se jeter contre le vantail de bois épais, dans un petit "splash" mou et terriblement peu sonore, condamnés à n'être jamais entendus par les convives... 

De même, il leur est impossible de crier pour signaler leur présence, ou même de gesticuler devant les fenêtres en espérant attirer l'attention de quelqu'un (à moins d'une inondation dramatique, laquelle conduirait certainement à l'annulation de la fête, de toute façon).

Par conséquent, je propose que nous ayons une pensée pour ces victimes de l'anatomie en cette période de convivialité... ou une minute de silence, tiens : ils apprécieront sûrement l'attention....

samedi 4 décembre 2021

Faux-amis de l'ancien français...

 Lorsque je n'écris pas (c'est-à-dire la majeure partie du temps, hélas...), je travaille sur d'anciens documents lesquels, outre leur éventuelle graphie problématique, montrent des changements de sens profonds de certains mots, propices aux contresens. Détail technique : il s'agit en fait de "Moyen Français" (fin du Moyen âge, Renaissance), mais j'ai préféré éviter l'équivoque avec "français moyen" 😂

Je sens que vous brûlez d'envie d'avoir des exemples, alors en voici quelques uns. 

"Appointement": ce terme que la langue française ne connait plus aujourd'hui que sous sa forme plurielle, signifiant "gages, salaire", avait au XVIème siècle le même sens qu'en Anglais de "rendez-vous". Pas la sommation, hein ? Le rencard !

"Département" : Figé de nos jours dans l'acception de "circonscription administrative" ou d'"unité scientifique" dans un organisme de recherche ou d'enseignement, il avait alors le sens de "division, répartition", qu'on retrouve dans l'expression (plus guère usitée, hélas) de "se départir de quelque chose"

"Manant" : Utilisé tardivement comme insulte de nanti envers un démuni, ce terme caractérisait pourtant au XIIème siècle un riche roturier. Ce nom, par un glissement surprenant, en est donc venu à signifier son contraire au fil du temps.

"Aucuns" : là-aussi, revirement total, puisque "aucuns" signifiait "quelques" ! On le retrouve uniquement dans l'expression fossilisée "d'aucuns diront".

Pour finir, connaissez-vous la nuance entre "jadis" et "naguère" ? Et bien "jadis" renvoie à un temps lointain, tandis que naguère fait référence à un passé récent. Initialement, il s'écrivait "il n'y a guère", dont l'auxiliaire se conjuguait encore ("il n'y avait guère qu'il s'en était allé") avant la fossilisation du terme. Nous utilisons d'ailleurs de nombreux termes "momifiés" dans le français d'aujourd'hui : un lieutenant, par exemple, est celui qui "tient lieu de" (de capitaine, dans l'armée), et les gendarmes sont... "des gens d'armes". Amusant, non ?