dimanche 12 juillet 2020

Des exigences "mythiques"...

On peut trouver matière à rire partout autour de nous, même là où l'on ne s'y attend pas. En parcourant une annonce sur un site de rencontres (et oui, il faut vivre avec son temps...), je suis tombé, après une liste d'exigences assez longue au demeurant (et lourde de lieux communs du type : "J'aime la franchise, je n'apprécie pas les mensonges"), sur cette phrase fantastique : "J'en l'aime pas les fautes d'orthographe."(SIC), qui a fait mon bonheur. 
Cela m'a fait penser à l'un de ces puristes du Seigneur des Anneaux rencontré dans une soirée, qui conspuait les films de Peter Jackson et qui m'avait demandé : "Ils s’appellent comment, déjà, les éleveurs de chevaux ?"
Bref, dans les deux cas, des spécialistes d'un sujet qu'ils ne maîtrisent visiblement pas. Ils me font penser au doyen de la faculté ("qui ne les avait plus depuis longtemps, lui, ses facultés") dont parlait Coluche : "Le gars nous vendait de l'intelligence, il n'avait pas un échantillon sur lui !" 😂

vendredi 10 juillet 2020

Le malade imaginaire ?

Ce matin, j'ai vu que mon livre "Apaiser le dragon : vivre avec la polyarthrite rhumatoïde en dépit des grands spécialistes" était de nouveau classé dans le top 100 Amazon (34ème) dans la catégorie "médecines douces" et, bien plus étonnant, 72ème dans celle des "cours universitaires" ! Je me demande bien comment il est arrivé là ! Sinon, si je suis bien sûr content que ce livre soit lu (c'est de loin celui de mes ouvrages qui se vend le mieux, désormais), ce n'est pas sans tristesse que je constate que la maladie est plus présente à nos esprits que l'imaginaire...
Notre ancrage toujours plus profond dans la société de consommation nuirait-il à notre capacité d'abstraction ? "Avoir" nous empêcherait-il d' "être" ? Ou, pire encore, de rêver ?

samedi 27 juin 2020

Le pote aux roses...

Une pensée m'a traversé l'esprit ce matin : la phrase "voir la vie en rose" a pour implication directe que le mot rose ne l'est pas... troublant, non ?

jeudi 18 juin 2020

L'enfer du devoir...

Durant le confinement, replonger dans les devoirs à bras le corps m'a fait un peu l'impression d'avoir été rappelé au Vietnam, mais sans les moustiques et le taux d'humidité étouffant. Du coup, le nez dans les cahiers, voilà que des questions étranges ont frappé mon occiput (un début de paludisme, sans doute !).
Pourquoi donner deux "l" aux grenouilles et en priver les oiseaux ? Ou les avions ? Est-ce par cruauté que l'éléphant en a reçu une (de lettre "l") là où il en aurait fallu au moins quatre, et des majuscules ?!
Dans un registre plus adulte, pourquoi mettre un "q" dans "ascétique" et aucun dans "libido" ? 
Philosophique, à présent : est-ce par souci d'équilibre qu'on trouve "m" dans "maudire" et "a-i" dans "aimer" ? 
Surréaliste enfin : le stylo-plume et l'oiseau lyre sont-ils les cygnes d'une écriture de haut vol ?
Bref, il est temps d'avertir John Rambo (ou Raimbaud, pour l'occasion ?) que j'attends dans la drop-zone...

mercredi 17 juin 2020

Papy fait de la résistance...

         Il y a quelques jours, je me suis arrêté pour faire le plein dans une station essence proche de Mâcon. A peine sorti de voiture, je vois un vieux monsieur en salopette bleue sortir de la travée voisine, qui m'apostrophe ainsi : "Bonjourrrr !", me dit-il avec un roulement de "r" caractéristique de la Bresse Louhanaise, "C'est la prrremière fois qu'j'utilise ma carrrte bancairrre et je suis tout perrrdu : vous pouvez m'aider ?"
         J'acquiesce et passe de son côté, introduisant ladite carte dans le bon orifice (c'est un bon début) puis sélectionnant les options. Il me regarde sans comprendre lorsque je tourne le dos : "Vous devez entrer votre code.", explique-je. Parvenu à la sélection du carburant, je lui dis : "Quel carburant vous mettez dans votre voiture ?"
          Là, il me regarde et, les deux pieds dans les années 80, il me lance : "Du superrrr !"
          Je glousse malgré moi et ajoute : "Ah oui, ça fait longtemps que vous n'êtes pas venu, en effet !"
           Visiblement, le XXIème siècle n'a eu que bien peu de prise sur ce monsieur...

dimanche 7 juin 2020

Les vaisseaux au régime...

J'étais aujourd'hui en visite au Village du Livre de Cuisery, manifestation fort sympathique à laquelle j'aime me rendre pour adopter quelques volumes à des tarifs défiant toute concurrence. J'ai éclaté de rire en regardant le résumé d'un livre de SF des années 70, car il y était fait mention de "vaisseaux végans". Si ! Je suppose qu'à l'époque, c'était seulement une référence à Véga, l'étoile de la constellation de la Lyre, mais, étant donné la connotation actuelle de ce terme, je me suis pris à imaginer des aéronefs ingurgitant navets et poireaux, ou ne fonctionnant qu'avec des bio-carburants... à moins qu'ils ne soient réservés qu'aux "grosses légumes", comme on disait autrefois (les VIP d'aujourd'hui)  ?

lundi 4 mai 2020

De l'huile de coude...

Très récemment, j'ai vu que des gens, répondant aux besoins nouveaux engendrés par le Covid-19, avaient inventé des dispositifs pour ouvrir les portes avec les coudes, baptisés "poignées de coude"... 
C'est sûrement très utile mais, d'un point de vue étymologique, c'est une catastrophe. Si ! Car poignée vient du mot "poing" (qu'on retrouve dans "pogne"), alors du coup, "poignée de coude", c'est comme... "pédale à main", voyez (qui se dit "manivelle", en français, oui), ou "brassard de jambe", à savoir une aberration totale.
Certes, "coudée" est déjà pris (encore que cette mesure antique ne soit plus guère employée de nos jours), tout comme "coudière"... mais pourquoi pas "coudiée" ? Ou "cougnée", pour indiquer la fonction par rappel phonétique de "poignée", justement ?
Enfin bon, moi je dis ça,  c'est juste pour que notre langue garde un sens (cf l'article récent sur les "Drive piétons"...)